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Cérémonie de remise d'insignes de chevalier de la Légion d'Honneur

 
Cérémonie de remise d'insignes de chevalier de la Légion d'Honneur

Le samedi 25 juin 2016, Jacques Quastana, préfet du Jura a remis les insignes de chevalier de la légion d’honneur à 4 déportés de Neuengamme.

  • André BOULARD est né le 2 mai 1927 à Autun (Saône et Loire).
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Il est arrêté le 20 mars 1944 par la Feldgendarmerie à Autun, à l’âge de 16 ans, pour détention de tracts de la Royal Air Force. Incarcéré à Chalon sur Saône, il rejoint Compiègne le 14 avril 1944 où il participe au déminage en gare de la Chapelle. Le 21 mai 1944, il quitte Compiègne et est déporté vers le camp de concentration nazi de Neuengamme. Le voyage, dans un train à bestiaux, dans des conditions de vie épouvantable, prendra 3 jours.  Fin mai, il est envoyé dans le Kommando de Fallersleben, pour fournir une main d’oeuvre à Volkswagen. Les déportés travaillent à l’extérieur de l’usine pour des travaux de terrassement, de maçonnerie, creusement de tranchées, réalisés dans des conditions extrèmement dures. L’arrivée des troupes alliées amènent les nazis à évacuer les différents camps et Kommandos par des Marches de la Mort pendant lesquelles de nombreux déportés décèdent. André BOULARD est évacué le 7 avril 44 dans le Kommando de Wöbbelin, transformé en mouroir.  Il est libéré le 2 mai 1945 et rentre en France le 19 mai 1945.

  • Paul Krattinger est né le 10 juillet 1921 à Orgelet (Jura).
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 Il est déporté au camp de Neuengamme fin juillet 1944 dans l’un des derniers trains ayant transporté les déportés vers ce camp dans des conditions de vie effroyable.  Il est affecté à plusieurs Kommandos après son arrivée au camp central.  Il est initialement employé dans les mines de fer d’Hermann Goering pendant un mois (Kommando Salgitter) puis revient sur Hambourg afin de participer au déminage des bombes aériennes larguées par l’aviation alliée pendant 2 semaines.  Il est ensuite affecté à la construction de pistes de ciment pour l’envol des V1 à Kaltenkirchen jusqu’en mars 1945.  L’arrivée des troupes alliées amènent les nazis à évacuer les différents camps et Kommandos par des Marches de la Mort pendant lesquelles de nombreux déportés décèdent.  Il passe par le sinistre camp de Sandbostel qui a accueilli de nombreux déportés à la fin de la guerre et qui a été un mouroir pour 8 000 d’entre eux.  Il échoue au camp de Ravensbrück après un voyage en train de 7 jours sans boire ni manger.  Les troupes russes libèrent ce camp le 28 avril 1945 et Paul Krattinger est évacué sur la France qu’il rejoindra au début du mois de juillet 1945.

  •  Albert VUILLET à CILES est né le 21 juin 1923 à Longchaumois (Jura)
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Il est arrêté (avec son frère Gilbert) le 11 juillet 1944 dans le Haut-Jura lors d’une opération menée par les unités ukrainiennes de la 157ème division de l’armée « Vlassov ».  Il est conduit à Bourg-en-Bresse pour arriver au camp de Neuengamme, le 31 juillet 1944.  Avec 1 000 autres déportés, il est transporté au Kommando de le Kriegsmarine à Brême le 15 août 1944.  Pendant plus de 8 mois, il participe dans des conditions effroyables à la construction d’un gigantesque Bunker destiné à protéger une usine de construction de sous-marins, le bunker Valentin.  Cette construction mobilise alors des milliers de personnes (qui ne sont pas toutes des déportés).  A la fin de la guerre devant l’avance des troupes alliées, les déportés sont évacués du camp lors de Marches de la Mort, Albert VUILLET à CILES embarqué sur un bateau dans la baie de Lubeck.  Par un concours de circonstances, il est transféré sur trois bateaux différents et termine sur l’Athen qui restant à quai est épargné du bombardement de la RAF. A contrario du Cap Arcona et du Thielbeck qui furent coulés par les Anglais, persuadés que ces bateaux arborant des drapeaux à croix gammées abritaient des notables nazis.  Il échappe ainsi à la mort et à la plus grande catastrophe maritime du XXème siècle (7 000 morts).

  •  Gilbert VUILLET à CILES est né le 11 décembre 1924 à Longchaumois (Jura)
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 Il est arrêté (avec son frère Albert) le 11 juillet 1944 dans le Haut-Jura lors d’une opération menée par les unités ukrainiennes de la 157ème division de l’armée « Vlassov ».  Il est conduit à Bourg-en-Bresse pour arriver au camp de Neuengamme le 31 juillet 1944.  Avec 1000 autres déportés, il est transporté au Kommando de le Kriegsmarine à Brême le 15 août 1944.  Pendant plus de 8 mois, il participe dans des conditions effroyables à la construction d’un gigantesque Bunker destiné à protéger une usine de construction de sous-marins, le bunker Valentin.  Cette construction mobilise alors des milliers de personnes (qui ne sont pas toutes des déportés).  A la fin de la guerre devant l’avance des troupes alliées, les déportés sont évacués du camp lors de Marches de la Mort vers le camp de Sandbostel (camp de prisonnier qui est converti en réceptacle des déportés).  Ce camp, a ultérieurement été réputé comme un mouroir (8 000 déportés décédés) avec des scènes d’atrocité hors du commun.  Le typhus y fait des ravages et les déportés décédés sont entassés en une sorte de monticule à l’entrée du camp.  Certains d’entre eux sont éventrés car des déportés russes pratiquent le cannibalisme pour ne pas mourir de faim.  Il est libéré par les Anglais le 29 avril 1945 et rapatrié par avion le 3 juin.